Mettre en œuvre
Organiser et rédiger un marché public

État ou collectivité territoriale, que vous achetiez une prestation de service (gestion concédée) ou des denrées alimentaires pour vos restaurants (gestion directe), le code des marchés publics est le passage obligé.
Pour les établissements qui ne sont pas soumis à cette obligation, le soin que vous apporterez à la définition de votre besoin et à sa mise en forme vous permettra de piloter au mieux vos achats et d'en faire de véritables leviers du développement durable.
Faire connaitre votre besoin

Dans tous les cas l’acheteur doit adapter sa publicité au secteur concurrentiel visé et à ses objectifs. Que vous soyez soumis ou non à obligation de publicité légale (>4000€) rien ne vous interdit de faire savoir aux entreprises locales que vous êtes à la recherche de certains produits et qu’ils peuvent vous envoyer leurs offres. En plus du BOAMP, n’oubliez pas la presse locale spécialisée, les organismes professionnels, chambres consulaires, interprofessions… et vous pouvez déposer vos marché sur le site www.offrealimentairemidipyrenes.com !!
Attribuer le marché
Sélectionner les entreprises et attribuer le marché
Dans le cas des appels d’offre, la personne publique sélectionne les entreprises jugées aptes à exécuter le marché en se référant au cahier des charges.
Dans un second temps,
elle procède à une analyse comparative des offres afin de les classer puis d’attribuer le marché à l’offre jugée la plus économiquement avantageuse.
Ce classement se base sur des critères pondérés en fonction de l’importance que lui confère l’acheteur. Ces critères constituent autant de leviers qui vont permettre de favoriser l’approvisionnement local et de qualité. Ils doivent impérativement être justifiés par l’objet du marché.
Les critères de sélection
Des critères de sélection permettent de
s’assurer de la capacité des fournisseurs à réaliser le marché. Ils portent sur ses compétences professionnelles, techniques, ses moyens humains, matériels et financiers.
Il est possible de demander des performances en terme de qualité ou de développement durable.
Exemple : production de faible impact environnemental, optimisation de l’organisation des transports, organisation sociale de l’entreprise.
Les critères d’attribution
Le pouvoir adjudicateur peut soit attribuer uniquement sur le critère prix, soit choisir selon un ensemble de critères pondérés. Ces critères sont notamment la qualité, le prix, la valeur technique, le caractère fonctionnel,
les performances en matières de protection de l'environnement et depuis peu les performances en matière de développement des approvisionnements directs de produits de l'agriculture, les performances en matière d'insertion professionnelle des publics en difficultés, ...
Le critère du prix n’est alors qu’un critère parmi d’autres qu’il convient de hiérarchiser au regard des besoins et des choix de l’acheteur (cela est également conseillé pour les MAPA).
D'autres critères peuvent être pris en compte s'ils sont justifiés par l'objet du marché :
Ces critères représentent une traduction du cahier des charges. Ils vont permettre de renforcer la position des offres « les mieux disantes » dans le cadre d’un objectif de qualité, de proximité, de respect du développement durable, etc.
Il faut ici être vigilant à ce que le critère « prix » ne pèse pas plus lourd que les critères qualitatifs sous peine d’annuler leurs effets.
Il est fortement conseillé de préciser et de justifier ce qui est attendu pour que les fournisseurs comprennent ce qu’ils doivent mettre en avant.
Critère
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Sous-critères
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Liens avec l'objet du marché
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Mode d'appréciation
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Développement durable
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Mode de transport et distance parcourue au court du cycle de vie
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Denrées alimentaires ayant un faible impact environnemental
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Dossier technique fourni par l’entreprise candidate.
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Qualité des échantillons
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Qualité organoleptique
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Attractivité des denrées alimentaires et goût
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Commission de dégustation
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La commission de dégustation :

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Dès lors que l’on a mentionné des critères de qualité, une commission de dégustation et d’évaluation est très efficace pour sélectionner les produits en testant leurs qualités techniques ou d’usage (rendement, etc.) et organoleptiques (fraîcheur, saveur, etc.).
Cette sélection peut créer un écart significatif en faveur de fournisseurs et de produits de proximité. Elle peut également constituer un moment d’échanges intéressant (à minima entre les personnels de restauration) et permet d’optimiser la politique d’achats locaux et de qualité. Cependant, l’organisation d’une telle commission demande du temps et induit un coût pour les candidats qui doivent fournir les échantillons. Aussi, est-il recommandé d’opérer en deux temps : sélection des offres à la vue des dossiers puis dégustation et évaluation des produits retenus.
Les variantes :
Le pouvoir adjudicateur a
la possibilité d’autoriser la présentation de variantes, ou offres alternatives à la demande initiale. Elles peuvent consister en une
modification des spécifications techniques ou plus généralement porter sur le dossier de consultation ou la proposition d'une offre de marché de service pour un marché de fourniture et inversement...
Elles sont particulièrement intéressantes dans le cas où l’acheteur ne connaît pas les particularités de l’offre locale ou ne l’a pas formulé de façon suffisamment claire.
Ainsi, cela permet aux fournisseurs locaux de proposer des produits d’origine plus proche, plus qualitatifs, etc. au regard de ce qui est mentionné dans le marché, de le faire valoir comme un plus auprès de l’acheteur.
Il est important de préciser l’acceptation de ces variantes en amont. On considère alors que les exigences du marché sont minimales et que les candidats peuvent proposer de meilleures performances qualitatives et/ou environnementales.
Art 50 du CMP
Le droit de préférence :
Le code des marchés publics prévoit l’exercice du droit de préférence. Il s’agit d’une obligation pas d’une possibilité. Le marché sera attribué, à égalité de prix ou équivalence d’offre, aux : Sociétés Coopératives Ouvrières de Production (SCOP) ; Entreprises adaptées ou d’insertion sociale par exemple (ESAT, chantier d’insertion, etc.) ; Groupements de producteurs agricoles ; Artisans ; Groupements coopératifs d’artisans (inscription au registre des métiers). Cela ne s’applique pas aux groupements de producteurs agricoles.
Toutefois
, dans le cas où des prestations sont susceptibles d’être exécutées par les entreprises concernées, l’acheteur doit les définir avant la mise en concurrence et dans la limite du quart de leur montant (dit « quart réservataire »).
Aussi, ici encore, ce droit de préférence ne peut s’effectuer qu’en bonne connaissance des filières organisées de production agricole, artisanale et des structures adaptées présentes sur le territoire.
Art 53-IV du CMP
Le Marché réservé :
Les marchés réservés constituent une exception aux principes fondamentaux de mise en concurrence et d’ouverture de la commande publique au plus grand nombre.
En effet, le code des marchés publics
autorise de réserver certains marchés ou lots de marché à des entreprises à vocation sociale : les établissements et services d’aide par le travail (ESAT), les chantiers d’insertion sociale, etc.
Il faut pour cela que l’acheteur le mentionne dans son avis de publicité. Cette disposition ne le dispense pas d’organiser, entre ces organismes, une procédure de passation de marché (en fonction des seuils).
Art 15 du CMP
Voir l'exemple de la ville de Millau